Hadopi met en lumière les motivations des internautes en faveur téléchargement illégal

Hadopi met en lumière les motivations des internautes en faveur téléchargement illégal

Complexe réalité qu’est celle des plateformes de streaming vidéo et téléchargements illégaux. Megaupload, T411, Zone Téléchargement, Torrentz ou encore The Pirate Bay, nombreux sont ces sites emblématiques de téléchargements illicites qui ont dû fermer ces dernières années.  Une conséquence de la lutte menée par la Haute autorité de lutte contre le téléchargement illégal (Hadopi), mais aussi l’évolution de l’offre légale en termes d’accessibilité. Ceci n’empêche, ils sont toujours des millions d’utilisateurs aujourd’hui à pratiquer le téléchargement illégal ou regarder du contenu en streaming sur des plateformes. D’où l’interrogation suivante : pourquoi les internautes s’adonnent-ils toujours à cette pratique ? Une question sur laquelle s’est penchée l’Hadopi au travers d’une étude réalisée en 2013 et dont voici la substance.

Le coût des œuvres et de l’accès

Derrière les habitudes les plus tenaces, il y a généralement un facteur coût. Un constat qui se vérifie également dans le cas des téléchargements illégaux. Pour Hadopi le constat est d’ailleurs criant puisque c’est le premier motif avancé par les internautes.

Sondage Hadopi freins consommation légaleLe facteur prix

Selon l’étude de Hadopi, la prix des œuvres à l’unité constitue un « frein à la légalité » pour 64% des internautes. En effet il peut être difficile pour un cinéphile, d’autant plus sans revenu fixe, de s’offrir une vidéothèque de ses films et séries préférées.

Et bien que la tendance soit aujourd’hui favorable à la vidéo sur demande en ligne (VOD), 54% des utilisateurs pointent aussi du doigt les coûts trop élevés des abonnements ou des locations.

Un offre légale en deçà des attentes

Derrière le facteur coût, il apparaît que l’offre légale est insuffisante en beaucoup de points et ne peux donc justifier son prix élevé. Sur l’ensemble des internautes sondés pratiquant le téléchargement illégal, 29% relèvent le fait que les plateformes légales de streaming vidéo ou de téléchargement n’offrent pas la possibilité de visualiser en démo ou d’écouter un extrait du contenu avant l’achat.

Autre caractéristique retenue, la pauvreté du contenu des sites légaux. Ces derniers proposeraient des offres trop limitées et parfois inadaptées aux besoins en termes de nouveautés pour 17% des sondés.

Pour les partisans du téléchargement ou streaming illégal, 22% dénoncent la complexité d’usage des sites légaux et l’impossibilité d’effectuer des sauvegardes ou de visionner le contenu acheté sur d’autres appareils.

Les habitudes ont la dent dure dit-on. Un adage qui prend tout son sens encore ici. Ainsi, 34% des internautes ayant recours à cette pratique ne voient aucune raison de payer pour accéder à du contenu qui peut être visionné gratuitement et 26% déclare qu’ils ont l’habitude de consommer de façon gratuite.

Enfin 15% prétendent que les sites de téléchargement légaux seraient plus compliqués à trouver que ceux illicites. En effet, lorsque l’on cherche un film sur internet, les contenus distribués illégalement sont régulièrement positionnés en première page des résultats de recherches.

Les craintes liés au paiement en ligne

Paradoxalement au fait que les sites de téléchargement illégaux soient en général des nids à virus, l’étude nous apprend que la sécurité est une des raisons du succès continu de ces plateformes auprès des utilisateurs. Le rapport Hadopi révèle que 29% des internautes avancent avoir peur de fournir leurs informations bancaires sur internet.

En revanche, 8% des consommateur indiquent qu’ils ne peuvent pas accéder au contenu distribué licitement faute de carte bancaire ou d’autres moyens de paiement (Chèques-cadeaux, Paypal…) exigés sur les sites légaux. Cette proportion tend d’ailleurs à s’amplifier sur la tranche d’âge des 15/17 ans.

Les contraintes rationnelles de l’offre licites

Autre argument exprimé par 24% des sondés, les sites de téléchargement légaux contraignent l’utilisateur à un certain rationalisme puisqu’ils sont payants. Les consommateurs sont alors dans l’obligation de choisir le contenu ayant le plus d’intérêt à leurs yeux, et ne souhaitent pas payer du contenu qui ne les intéresse que peu, mais qu’ils voudraient quand même regarder.

Le manque d’information

Certains utilisateurs de sites illégaux ne connaissent tout simplement pas les plateformes légales pour pouvoir regarder des films ou consulter des œuvres protégées. Selon le rapport d’Hadopi, ils sont 7% à déclarer cet argument.

Streaming et Téléchargement légale VS illégale

Mais, l’offre légale est-elle autant moins attrayante que celle illégale ? Pour y répondre, voici une revue rapide de ses nombreux atouts.

La fiabilité est l’un de ses atouts majeurs. Elle est constituée de plateformes très sécurisées qui garantissent une utilisation sûre et fluide. Aucun risque de devoir fermer mille pop-ups avant d’accéder au contenu ou d’exposer son ordinateur à une infection virale. Aussi, l’intégrité des données bancaires personnelles lors des paiements est garantie par des moyens fiables.

Les sites légaux garantissent la qualité du contenu qu’ils vendent. Le contenu est original et vous est surtout proposé conformément à vos attentes. Du sur-mesure donc.
La qualité du service s’exprime aussi à travers la disponibilité de synopsis rigoureusement écrits, de critiques ou encore de détails sur les auteurs.

L’offre légale garantit le respect des droits d’auteur. Les contenus proposés sont dûment achetés par les plateformes, mais leur diffusion aussi se fait en totale conformité avec les principes de droits d’auteur. En somme, avec l’offre légale, l’œuvre nourrit vraiment l’artiste.

Les sites légaux de téléchargement proposent une fonction de sauvegarde qui permet de récupérer tout contenu acheter, en cas de perte.

Un profil type du consommateur de contenu illégal?

Sur cette question, l’étude a montré qu’il est difficile d’établir un profil type du « consommateur hors la loi ».

Toutefois, la palme du téléchargement illicite revient aux hommes puisque 64 % des sondés ayant avoué recourir à cette pratique sont des hommes, contre 36 % de femmes. Et toutes les tranches d’âge sont concernées (tous sexes confondus).

Mais, la disparité est forte suivant ce critère puisque le gros des consommateurs de contenus illégaux se situe entre 18 et 39 ans. 34 % des sondés a entre 18 et 24 ans, et 39 % entre 25 et 39 ans. Les adolescents (15-17 ans) ne représentent que 5 %, les quadragénaires et quinquagénaires (40-59 ans) estimés à 19 %, tandis que 3 % seulement ont 60 ans et +.

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