Ryse : Son of Rome, la baffe graphique puis plus rien…

Ryse : Son of Rome, la baffe graphique puis plus rien…

Crytek n’a jamais aussi bien porté son nom. L’éditeur est en effet responsable actuellement de beaucoup de larmes. Celles des possesseurs de Xbox One, qui croyaient tenir en Ryse : Son of Rome une preuve de la puissance de leur console. Mais voilà, un an plus tard, Ryse débarque sur PC. Et c’est vrai que le jeu est beaucoup plus joli!

Un petit retour en arrière s’impose. Souvenez-vous, il y a un an : Microsoft et Sony annonçaient en grande pompe la sortie d’une nouvelle génération de consoles. Plus puissantes, plus rapides, celles-ci allaient ramener les joueurs au niveau des productions PC, qui avaient pris quelques longueurs d’avance au cours des dernières années. Pour asseoir cette promesse, le géant américain avait brandi de ses gros bras musclés la nouvelle pépite de Crytek, Ryse : Son of Rome. Splendide, fluide et étincelant, ce jeu d’action plongeant le joueur dans les spartiates (attention, astuce) d’un légionnaire romain affichait en effet des graphismes jusqu’alors jamais vus sur consoles. Seulement, le public devait bien vite découvrir que PS4 et Xbox One avaient été bâties sur des architectures sensiblement similaires à un bon PC de jeu. Il n’est donc pas étonnant de voir aujourd’hui beaucoup de jeux, initialement présentés comme des exclusivités console, franchir le pas du portage PC. Et, ô surprise : la version PC dépasse déjà largement la Xbox One. En revanche, sur le plan ludique, les consoleux se consoleront : rien na changé…

QTE en beauté

A quelques semaines de sa sortie, nous avons pu découvrir une version très limitée du jeu final. Notre démo nous donnait en effet accès à deux parties de chapitres du mode Campagne, le premier (histoire de réapprendre les bases du gameplay), et le quatrième. Puisque l’on sait qu’ils mènent tous à Rome, n’y allons pas par quatre chemins : Ryse, Son of Rome est splendide. Le Cry Engine fait des miracles et, sur une bête de compétition avec toutes les options poussées à fond, l’on passerait presque plus de temps à admirer les décors et les effets de lumière qu’à jouer. Les petits gars de chez Crytek connaissent d’ailleurs leur affaire : la caméra vissée au corps du protagoniste permet d’apprécier tous les détails de l’armure, qui donnent une vraie impression de densité. La profondeur de champ est également assez impressionnante, avec des arrière plans chargés d’éléments renforçant la patte graphique et esthétique du titre. Du beau travail assurément.

Mais un jeu vidéo est également avant tout une histoire de gameplay. Or, en dehors de son plumage resplendissant, le ramage de Ryse s’avère malheureusement d’un vide pratiquement abyssal. Notre légionnaire avance dans un monde fait d’une succession couloir – arène – couloir – arène terriblement redondante. Si les animations s’avèrent certes plaisantes – même si l’on s’étonne quelque peu de la capacité de notre héros d’effectuer une roulade parfaite malgré un bouclier et un équipement qui, selon un minimum de vraisemblance, devrait altérer ne serait-ce qu’un peu ses mouvements -, on baille régulièrement devant ces groupes d’ennemis qui attendent chacun sagement leur tour pour nous attaquer. Le système de combat, largement Pompée sur les séries Batman et Assassins Creed, se base sur des contre-attaques ouvrant sur des exécutions à réaliser en suivant des halos de couleur sur l’ennemi, chacun correspondant à une touche de la manette. Si la réalisation est brutale et jouissive, elle est également extrêmement répétitive et d’une facilité assez abrutissante. Le QTE dans ce qu’il a de plus soporifique…

Il voulait être César, il finit Pompée

Une superbe vitrine technique. C’est ce que fut Ryse : Son of Rome lors du lancement de la Xbox One, et c’est bien ce qu’il sera après sa future sortie sur PC. Un jeu dune beauté resplendissante, destiné à éprouver nos meilleures cartes graphiques et à impressionner même les plus fanatiques des amoureux du pixel art. Mais c’est très certainement tout ce qu’il restera car, en termes de gameplay, Ryse n’a pas changé sa formule. Son architecture en couloirs, ses ennemis qui font la file pour attaquer, et ses QTE qui n’osent pas dire leur nom, procurent bien vite un sentiment de lassitude et une envie d’aller voir ailleurs. Ars est celare artem : “l’art consiste à dissimuler l’art.” Ryse fait tout le contraire.

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